Accueil Actualités

Comment faire le salut au karaté ? Guide complet pour débutants

Le salut au karaté, appelé rei, n’est pas juste un geste de politesse. C’est la première chose que tu apprends, et la plus importante. Il ne s’agit pas de dire bonjour ou de montrer du respect à ton professeur - c’est une façon de vider ton esprit, de te recentrer, et de te préparer à apprendre. Si tu ne fais pas le rei correctement, tout le reste que tu fais dans le dojo perd du sens.

Les deux types de saluts au karaté

Il existe deux saluts fondamentaux dans le karaté : le salut debout (ritsu-rei) et le salut à genoux (zarei). Tu les utiliseras selon la situation.

  • Ritsu-rei : le salut debout. Tu le fais quand tu entres ou quittes le dojo, avant et après un entraînement, ou quand tu salues ton partenaire avant un kumite.
  • Zarei : le salut à genoux. Tu le fais en début de séance, devant l’alma (l’endroit où est placé le portrait du fondateur ou le drapeau du dojo), ou lors de cérémonies formelles.

Les deux doivent être exécutés avec la même intensité. Un salut mal fait, même debout, montre un manque de concentration. Un salut parfait, même en silence, parle plus que mille mots.

Comment faire le salut debout (ritsu-rei)

Voici les étapes précises, pas à pas, comme on les enseigne dans les dojos au Japon et en France.

  1. Redresse-toi. Tes pieds sont joints, tes talons et orteils alignés. Tes bras sont le long du corps, les mains légèrement ouvertes, les pouces sur les cuisses.
  2. Penche lentement le haut du corps vers l’avant, en gardant le dos droit. Pas de courbure, pas de tête qui part en avant. Ta colonne doit rester en ligne droite, comme si un fil te tirait du sommet du crâne.
  3. Ta tête doit être à environ 30 degrés par rapport à la verticale. Regarde le sol à environ un mètre devant toi. Ne regarde pas les pieds de ton interlocuteur - tu ne cherches pas à l’observer, tu te recentres.
  4. Les mains glissent doucement le long des cuisses jusqu’à la hauteur des genoux. Elles restent ouvertes, paumes vers le bas, doigts tendus mais pas tendus à l’extrême.
  5. Reste dans cette position pendant une seconde. Pas plus. Pas moins. Juste assez pour respirer, pour être présent.
  6. Reviens lentement à la position debout. Le mouvement est aussi fluide que le retour d’un pendule. Pas de saccade. Pas de précipitation.

Un bon rei debout dure environ 3 secondes. Trop court ? Tu es pressé. Trop long ? Tu te poses des questions. Le bon salut n’a pas besoin d’explication.

Comment faire le salut à genoux (zarei)

Le zarei est plus formel. Il demande plus de contrôle, plus de calme. Il se fait souvent devant l’alma, ou en début de séance, quand tout le monde est aligné.

  1. À partir de la position debout, recule d’un pas avec le pied droit, puis place le genou droit au sol.
  2. Ensuite, place le genou gauche au sol, en gardant les orteils pliés vers l’arrière. Tes fesses reposent sur tes talons. Ton dos est droit, ton cou neutre.
  3. Place tes mains sur tes cuisses, paumes vers le bas, doigts tendus.
  4. Penche doucement le haut du corps vers l’avant. Les mains glissent vers l’avant, jusqu’à ce que tes doigts soient à environ 10 cm du sol. Tes pouces et index forment un losange, ouverts, comme un cœur.
  5. Ta tête reste alignée avec ta colonne. Regarde le sol à un mètre devant toi.
  6. Reste immobile pendant une seconde. Respire. Sois là.
  7. Reviens lentement à la position assise, puis debout, en suivant l’ordre inverse : genou gauche, genou droit, pied droit, puis pied gauche.

Le zarei ne doit jamais être une course. Il ne s’agit pas de finir vite pour pouvoir te lever. C’est un moment de silence actif. Un moment où tu laisses ton ego à l’entrée du dojo.

Praticant en position assise sur les genoux, mains en forme de losange, saluant devant l'alma du dojo.

Pourquoi le salut est-il si important ?

Beaucoup pensent que c’est une tradition inutile. Une coutume japonaise qu’on garde par respect pour le passé. Ce n’est pas vrai.

Le rei est une porte. Une porte entre le monde extérieur - avec ses distractions, ses stress, ses pensées - et le dojo, qui est un espace sacré. Quand tu salues, tu laisses tes problèmes dehors. Tu ne viens pas ici pour te battre. Tu viens pour t’améliorer. Pour apprendre à te contrôler.

Un étudiant qui fait un rei mécanique, la tête baissée, les yeux perdus, ne fait pas du karaté. Il fait un geste. Un vrai pratiquant, lui, fait le rei avec les yeux ouverts, le cœur calme, le corps présent. Il sait qu’il entre dans un lieu où chaque mouvement compte.

Le maître ne regarde pas tes coups. Il regarde ton salut. Parce que si tu ne sais pas saluer, tu ne sais pas écouter. Et si tu ne sais pas écouter, tu ne peux pas apprendre.

Erreurs courantes à éviter

Voici les cinq erreurs que je vois presque tous les jours, même chez les ceintures noires qui ont 10 ans de pratique.

  • Le dos courbé : tu te penches comme un vieillard, pas comme un karatéka. Le dos doit rester droit, comme un arbre.
  • Les mains qui touchent les genoux : elles doivent rester au-dessus, à hauteur des cuisses. Toucher les genoux, c’est trop. C’est une posture de soumission, pas de respect.
  • Regarder les yeux de l’autre : tu ne dois pas chercher à capter son attention. Le rei est un geste intérieur. Regarde le sol, pas la personne.
  • Le salut trop rapide : un rei en une seconde ? Ce n’est pas un salut, c’est un tic. Il faut du temps pour se recentrer.
  • Ne pas saluer tout le monde : tu salues le professeur, mais pas ton partenaire ? Tu salues l’alma, mais pas le dojo ? Ce n’est pas du karaté, c’est de l’égo.
Mains ouvertes au-dessus du sol, lumière douce émanant d'elles, symbole du salut dans le karaté.

Quand saluer ? Les règles du dojo

Le salut n’est pas optionnel. Il est obligatoire dans chaque moment clé de la pratique.

  • Avant d’entrer dans le dojo : salut à l’entrée.
  • Avant de commencer l’entraînement : salut à l’alma, puis au professeur.
  • Avant et après chaque exercice avec un partenaire : salut à l’autre pratiquant.
  • Après l’entraînement : salut au professeur, puis à l’alma, puis à tout le monde.
  • Si tu dois quitter le dojo pendant la séance : salut au professeur et à ton partenaire avant de partir.
  • Si tu arrives en retard : entre silencieusement, fais le rei à l’entrée, attends que le professeur te le rende, puis rejoins la ligne.

Il n’y a pas de « je suis trop fatigué pour saluer ». Il n’y a pas de « je suis en ceinture noire, je n’ai pas besoin de saluer ». Le rei n’est pas pour les autres. Il est pour toi.

Le salut, c’est la première technique

Le premier jour de karaté, on t’enseigne le rei. Le dernier jour, c’est aussi le rei que tu fais avant de quitter le dojo pour toujours.

Il n’y a pas de technique plus simple. Et il n’y a pas de technique plus profonde.

Le karaté ne se mesure pas au nombre de katas que tu connais. Ni à la puissance de ton coup de poing. Il se mesure à la qualité de ton silence. À la sincérité de ton salut.

Si tu veux vraiment progresser, commence par saluer comme si c’était la première fois. Et comme si c’était la dernière.

Pourquoi doit-on saluer en direction de l’alma ?

L’alma est l’endroit où est placé le portrait du fondateur du style de karaté (comme Gichin Funakoshi pour le Shotokan), ou le drapeau du dojo. Saluer en direction de l’alma, c’est reconnaître l’héritage, les maîtres qui ont transmis cette discipline, et les principes qui la fondent. Ce n’est pas une vénération religieuse - c’est un hommage à la transmission. Tu salues l’idée même du karaté, pas une personne.

Faut-il saluer avec les mains ouvertes ou fermées ?

Les mains doivent être ouvertes, paumes vers le bas, doigts tendus mais détendus. Les mains fermées, comme un poing, sont associées à l’agression. Le karaté commence par le respect, pas par la force. Même si tu es en tenue de combat, tes mains restent ouvertes pendant le rei. C’est un rappel que tu viens apprendre, pas te battre.

Peut-on faire le salut avec un sac à dos ou une veste ?

Non. Le karatéka doit être libre de ses mouvements. Si tu portes un sac à dos ou une veste trop encombrante, retire-le avant de saluer. Même chose pour les cheveux trop longs qui tombent sur le visage - il faut les attacher. Le rei exige une attention totale. Aucun objet ne doit interférer avec la pureté du geste.

Que faire si je ne connais pas la procédure ?

Regarde les autres. Fais comme eux. Même si tu ne le fais pas parfaitement, fais-le avec sincérité. Un débutant qui salue mal mais avec respect est plus apprécié qu’un expert qui le fait machinalement. Le professeur sait que tu apprends. Ce qu’il attend, c’est la volonté d’être présent.

Le salut change-t-il selon les styles de karaté ?

Les fondamentaux sont les mêmes dans tous les styles : Shotokan, Goju-Ryu, Wado-Ryu, Kyokushin… La forme du rei est presque identique. Ce qui change, c’est la vitesse ou la profondeur du mouvement selon l’école. Certains saluent plus profondément, d’autres plus rapidement. Mais la signification reste inchangée : respect, concentration, humilité.

Articles similaires

15 Commentaires

  • Image placeholder

    Yanick Madiba

    janvier 6, 2026 AT 22:39

    Je viens du Cameroun et je pratique le karaté depuis 5 ans sans jamais comprendre pourquoi on saluait comme ça. Ce post, c’est la première fois que j’vois ça expliqué comme un humain.

  • Image placeholder

    Isabelle Lesteven

    janvier 7, 2026 AT 23:04

    Je suis professeure dans un dojo à Lyon, et je peux te dire que ton explication du zarei est exacte. Beaucoup de ceintures noires oublient que le salut n’est pas un rituel, c’est une intention. Merci pour ce rappel essentiel.

  • Image placeholder

    Francois ROGER

    janvier 8, 2026 AT 23:27

    Oh bien sûr, parce que dans les dojos japonais, ils font ça en 3 secondes exactes avec un chrono. T’as vu les maîtres de Kyokushin ? Ils font le rei comme un automate. T’as pas lu la partie où il dit que c’est pour vider l’esprit ? Moi j’ai vu des gars qui saluent en pensant à leur facture d’électricité. C’est ça le karaté moderne.

  • Image placeholder

    Alexis Baxley

    janvier 10, 2026 AT 05:21

    Le salut c’est juste du nationalisme japonais déguisé en spiritualité. On est en France, on a des saluts à nous, le salut militaire par exemple. Pourquoi on doit s’agenouiller comme des esclaves pour un truc qui vient d’un pays qui nous a jamais rien donné ?

  • Image placeholder

    Benoit Le Pape

    janvier 11, 2026 AT 09:57

    Si tu ne salues pas bien tu es un mauvais karatéka point final. Les gens qui disent que c’est juste un geste sont des paresseux. Moi j’ai 15 ans de ceinture noire et je salue comme un robot. Parce que c’est la règle. Point.

  • Image placeholder

    Alice Cia

    janvier 12, 2026 AT 02:02

    Je suis désolée mais il y a une erreur dans la description du ritsu-rei : les pouces ne doivent pas être sur les cuisses, ils doivent être légèrement écartés pour permettre une meilleure fluidité du mouvement. Et surtout, les mains ne doivent pas glisser jusqu’aux genoux, juste jusqu’à la hauteur des hanches. Je l’ai appris à Tokyo en 2018. J’ai corrigé mon professeur à l’époque.

  • Image placeholder

    Stéphane Blanchon

    janvier 12, 2026 AT 13:48

    Je suis d’accord avec Isabelle. Le salut, c’est la première fois qu’on te dit de ne pas faire de geste inutile. Tu rentres dans le dojo, tu laisses ton ego à la porte, tu te concentres. C’est ça le vrai karaté. Pas les coups, pas les katas. Le salut. C’est la base. Et si tu le fais mal, t’es pas prêt.

  • Image placeholder

    Nicole Simmons

    janvier 13, 2026 AT 10:26

    La description du zarei est impeccable. J’ai enseigné cette technique à plus de 200 élèves. Le moment où ils comprennent qu’ils ne saluent pas une personne, mais une tradition - c’est là que le karaté commence vraiment pour eux.

  • Image placeholder

    Ambre trahor

    janvier 14, 2026 AT 19:03

    Le rei c’est une manipulation des maîtres pour contrôler les élèves. Tu salues l’alma mais tu sais pas qui est vraiment derrière le portrait ? Et si c’était une couverture pour une secte ? Je connais un gars qui a disparu après avoir fait 1000 zarei en une semaine. Il a été vu à Okinawa avec un tatouage sur le front. C’est pas un hasard.

  • Image placeholder

    James O'Keeffe

    janvier 15, 2026 AT 03:23

    Je pratique le Shotokan depuis 30 ans. Le rei est la seule chose qui ne change pas. Même si tu es fatigué, blessé, ou que tu viens d’apprendre que ton chien est mort. Tu salues. Parce que c’est plus fort que toi. C’est ton âme qui parle. Le reste, c’est du décor.

  • Image placeholder

    Sylvain Breton

    janvier 15, 2026 AT 18:04

    Il est intéressant de noter que la structure du ritsu-rei correspond exactement à la proportion dorée, avec un angle de 30 degrés qui reproduit la relation entre la hauteur du corps et la distance du regard au sol. C’est une manifestation de l’harmonie cosmique dans la pratique martiale. Les Occidentaux ne comprennent pas que chaque geste est une équation mathématique de l’âme. Le fait que vous le considériez comme un simple rituel prouve votre ignorance philosophique.

  • Image placeholder

    isabelle guery

    janvier 16, 2026 AT 01:55

    Attention à l’orthographe : "alma" n’est pas un mot français. C’est "alma mater" en latin, mais ici, il faut dire "le coin d’honneur" ou "le lieu sacré". "Alma" seul est une erreur. Merci de corriger.

  • Image placeholder

    Jacques Bancroft

    janvier 17, 2026 AT 12:00

    Je suis passé de ceinture blanche à noire en 7 ans. J’ai fait 12 000 saluts. Et je peux te dire une chose : le jour où j’ai compris que le rei n’était pas pour les autres, mais pour moi, j’ai pleuré. Pas à cause du karaté. À cause de la vie. J’avais passé 20 ans à courir après des choses qui n’avaient aucun sens. Et un simple geste m’a ramené à l’essentiel. Merci pour ce texte. C’est le plus beau que j’ai lu depuis longtemps.

  • Image placeholder

    Emeline Louap

    janvier 18, 2026 AT 21:43

    Le salut, c’est comme un premier baiser : tu le fais mal la première fois, tu le fais trop fort la deuxième, tu le fais trop vite la troisième… et puis un jour, tu le fais sans y penser, et c’est comme si ton cœur s’arrêtait une seconde pour dire : "je suis là". C’est pas un geste. C’est un souffle. Un souffle qui te ramène à toi. Je l’ai découvert en faisant le zarei après un divorce. J’étais à genoux, je regardais le sol, et j’ai senti que je n’étais plus seul. Parce que je n’étais plus en colère. J’étais juste là. Et c’était suffisant.

  • Image placeholder

    Emilie Arnoux

    janvier 20, 2026 AT 13:15

    Je viens de commencer le karaté et j’ai fait le rei en oubliant de plier les doigts. Mon prof m’a regardé, il a souri, et il a fait le salut avec moi. Il m’a dit : "C’est pas la perfection qui compte, c’est la présence". J’ai pleuré dans mon gi. Merci pour ce post. Ça m’a fait du bien.

Écrire un commentaire

Votre email ne sera pas publié